Question : Pourquoi les handicapés sont-ils toujours absents dans les
médias?
Réponse : Le problème des médias, c’est qu’au lieu de montrer les choses
dans leur globalité, ils cherchent souvent à les faire rentrer dans des
« cases ». Et pour eux comme handicap rime forcément avec douleur, ils
ne présentent les choses qu’à travers un aspect médical ou social. Donc
quand on est plus sur un aspect culturel ou sportif, pour eux c’est difficile...
D’ailleurs en ce qui concerne le sport pour handicapés à la télévision par
exemple, c’est clair qu’en terme de représentation, on a plutôt régressé.
Nous avions eut une très bonne couverture médiatique en 2004 aux Jeux
d’Athènes, et puis pour les jeux de Pékin de l’an dernier presque rien. Mais
à la limite je ne le reproche pas aux chaînes publiques. Je peux comprendre
qu’après 1 mois de J.O non stop, ils passent à autre chose. Mais j’ai du mal
à admettre que les chaînes spécialisées dans le sport, ne nous aient accordé
que quelques minutes pour cet extraordinaire rendez-vous.
Question : Pensez-vous que ce soit lié à un désintérêt du public?
Réponse : Je ne pense pas. Je peux même vous dire que l’accueil du
public est extraordinaire. La preuve dès que les gens entendent parler de
l’équipe de France, ils sont friands de connaître nos résultats, parce qu’ils
sont attachés aux valeurs que représente le sport. D’autant plus quand il
s’agit des jeux paralympiques. Et puis on le voit bien dans les pays étrangers.
Le sport handicapé à la télévision c’est possible. Au final je suis plus connu
en Italie, au Japon, aux états-Unis qu’en France parce que dans ces pays,
le handicap ne leur pose pas de problème et qu’on est reconnu simplement
comme des sportifs. C’est une question d’ouverture d’esprit de la part des
diffuseurs. Mais je suis sûr que ça va évoluer. Que les médias vont finir
par s’apercevoir que le sport handicapé passionne beaucoup de monde.
Question : Pensez-vous que l’éducation soit un bon moyen de faire
évoluer les mentalités ?
Réponse : C’est sans doute le seul moyen. Nous sommes tous connectés
les uns aux autres, faits pour vivre en société car seuls nous n’existons
pas. Donc on a constamment besoin d’échanger de transmettre, de se
confronter, d’argumenter, de se faire évoluer mutuellement... L’esprit
fonctionne comme le corps. Plus ton esprit a une éducation variée, plus il
rencontre des civilisations différentes, plus il est en bonne santé et devient
fort. Et quand on a un esprit fort, on a pas peur de l’autre.
Propos recueillis par Ramlata Hamadi
• janvier 2009