Question : Pouvez-vous nous parler de la condition de la femme dans le
monde ?
Réponse : Il y a eu beaucoup de luttes de femmes. Grâce à elles, elles
commencent à être reconnues comme des êtres humains. Malheureusement
la situation est loin d’être parfaite et il y a encore des individus,
des endroits dans le monde où la femme n’est pas reconnue comme un
être humain. On la bat comme si c’était un âne, on l’enferme à la maison
comme si c’était de la volaille, on la marie avec un homme qu’elle n’a pas
choisi. Le monde serait plus juste si les femmes et les hommes étaient
considérés comme des être humains… ça parait tout simple et pourtant il
y a encore trop d’endroits où seuls les hommes décident et dirigent...
Question : évolution de la condition féminine en France ?
Réponse : La condition des femmes dans la société française, a beaucoup
évolué, mais il reste encore des progrès à faire. En politique, on a eu quelque
députées, une maire, des ministres mais on est loin d’avoir obtenu la
parité. Professionnellement, le haut dans la hiérarchie, c’est presque toujours
des hommes, et il y a encore peu de femmes qui soient chefs d’entreprise.
Il y a ce qu’on appelle le plafond de verre qui fait qu’à un moment de
leurs carrières, elles ne peuvent pas monter plus haut dans la hiérarchie
et donc restent cantonnées aux postes à la fois les moins payés et aussi les
moins reconnus.
Question : Arrivera-t-on un jour à une égalité parfaite entre les hommes
et les femmes ?
Réponse : ça devrait pouvoir arriver, ça dépend beaucoup des jeunes générations.
Les générations de mon âge se sont énormément battues pour
cela et ont obtenu des résultats (droit de vote, possibilité de disposer de
son corps, accès à des emplois, jusque-là réservés aux hommes) et puis
après les générations de femmes qui ont aujourd’hui 30-40 ans se sont
dit : « Bon on a tout, on a plus besoin de se battre. » Mais j’ai l’impression
que les femmes plus jeunes ont pris conscience qu’il faut qu’elles soient
attentives pour que cette équité homme-femme puisse se produire. Il ne
faut jamais croire que les choses sont gagnées une fois pour toute.
Propos recueillis par Nouhou Soumaré, Mme Danielle Romeuf,
Mme Terkia Bouchal
• février 2008